Comme un printemps heureux.

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19 juin 2009

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Je songe que ça fait longtemps que je suis ici. Je songe que ça fait longtemps que je n'étais pas restée quelque part tant de temps. Je ne saurais dire ce qui a changé. Si ce n'est que quelque chose a changé. Dehors, l'été peine à arriver, dehors. Je reste à l'intérieur, en terre connue. Presque trop. J'attends quelque chose de différent, quelque chose qui me sortirait de ma torpeur. De cette recherche perpétuelle du passé. Je crois que je n'aime pas que les choses changent. Je voudrais que tout reste toujours intact, lisse et neuf. Je mange à nouveau des figues, pour me raccrocher au passé, aux habitudes. Je ne suis pas sûre d'avoir vécu cette année. Comme si le temps s'était glissé contre ma peau, goutte à goutte, comme on glisse sur du verre. Je crois pourtant me souvenir de soirs douloureux, de la fatigue. Mais tout s'efface déjà. J'attends l'été, le vrai. Celui des champs de blés, de la terre battue. Je veux retourner encore su le chemin de mon enfance, je veux voir les couleurs ombragées des montagnes, je veux sentir ma peau se dessécher sous le ciel aride. Il y aura du soleil - loin d'une chambre espagnole, loin d'une ville de rêve, des rues inconnues à découvrir, des noms encore exotiques, avant que tout s'en aille, qu'ils s'en aillent. Quelque chose a changé. Va changer encore. Les figues ne sont pas assez sucrées, elles manquent de goût amer. Ce qui brise. On est en été. Cette année mes cheveux sont longs, et je porte une marinière.

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13 juin 2009

We will write an other story.

Vogue


C'est fini. Pour quelques semaines, quelques mois à peine. C'est fini mais rien n'est fini. Ça commence à peine. Ca commence avec les bibliographies qui s'entassent sur mon bureau, le programme des choses à faire et entre temps, tant de choses à faire, si peu de temps. Après il y aura un peu moins d'innocence, un peu moins d'insouciance, ce sera pour de vrai, on sera grand, il ne faudra plus rire, ne plus sécher les cous d'anglais pour aller faire nos versions latines au Luxembourg. Après. J'ai serré L. dans mes bras lorsque j'ai su qu'on resterait ensemble, que l'on ne nous séparerait pas, j'ai ri un peu, la gorge serrée par trop de choses. C'est fini, il reste une semaine d'adieux et de retrouvailles, de départ et je ferai semblant de ne pas être triste mais après. Après il faudra comprendre que c'est fini, qu'il y en a que l'on ne reverra plus, que l'on a survécu. Et qu'il faudra tout recommencer, encore.

Posté par Ordalie à 13:28 - Commentaires [1] - Permalien [#]



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