19 juin 2009

Je songe que ça fait longtemps que je suis ici. Je songe que ça fait longtemps que je n'étais pas restée quelque part tant de temps. Je ne saurais dire ce qui a changé. Si ce n'est que quelque chose a changé. Dehors, l'été peine à arriver, dehors. Je reste à l'intérieur, en terre connue. Presque trop. J'attends quelque chose de différent, quelque chose qui me sortirait de ma torpeur. De cette recherche perpétuelle du passé. Je crois que je n'aime pas que les choses changent. Je voudrais que tout reste toujours intact, lisse et neuf. Je mange à nouveau des figues, pour me raccrocher au passé, aux habitudes. Je ne suis pas sûre d'avoir vécu cette année. Comme si le temps s'était glissé contre ma peau, goutte à goutte, comme on glisse sur du verre. Je crois pourtant me souvenir de soirs douloureux, de la fatigue. Mais tout s'efface déjà. J'attends l'été, le vrai. Celui des champs de blés, de la terre battue. Je veux retourner encore su le chemin de mon enfance, je veux voir les couleurs ombragées des montagnes, je veux sentir ma peau se dessécher sous le ciel aride. Il y aura du soleil - loin d'une chambre espagnole, loin d'une ville de rêve, des rues inconnues à découvrir, des noms encore exotiques, avant que tout s'en aille, qu'ils s'en aillent. Quelque chose a changé. Va changer encore. Les figues ne sont pas assez sucrées, elles manquent de goût amer. Ce qui brise. On est en été. Cette année mes cheveux sont longs, et je porte une marinière.
Commentaires
Envie de te prendre par la main pour un café en terrasse sous un soleil de plomb qui aura fait réclamer à nos papilles un coca-light glacée.
Tout change et rien ne change. Nous ne sommes toujours que les mêmes enfants propulsés dans différents décors au fil du temps. Sous les traits changeants, restent les mêmes enfants, les mêmes rires, les mêmes battements de coeur comme les mêmes silences.
Je t'embrasse.
A bientôt