27 janvier 2009

Je lui ai dit, je suis fragile, tu sais.
Il suffirait d'un seul de tes mots pour me briser à tout jamais.
20 janvier 2009
Fragments.

Tout se disperse. Si le froid atteint encore ma peau il ne me blesse plus, j’ai fait un pas en arrière, et tout semble couler sur moi comme sur du verre. Entre deux cours on s’enfuit avec L. pour aller faire les soldes loin de notre lycée courant d’air, on rit toujours un peu trop fort et je recommence à lire en cours pour chasser les heures interminables d’ennui. Plus rien n’est grave ou presque, être classée onzième au concours blanc m’a à peine arraché un sourire puisque de toute façon je l’avais raté. Tout se disperse. Mais c’est encore toi que j’attends dans le noir, toi que j’espère, toi que je pleure de manque lorsque tu me laisses seule et que le froid revient. Je bois chacun de tes sourires et je compte les jours, les heures, les secondes qui nous séparent. Tout se disperse. Il y a ceux qui s’en vont, et il y a ce qui revient. Comme une habitude trop ancienne pour avoir été vraiment oubliée. Patiemment, j’attends ces jours où lorsque je rentrerai le soir il ne fera plus noir. Alors je sourirai.
12 janvier 2009
Champ de bataille.

Il semble soudain que tout s’amenuise. Aller jusqu’au bout. Mais je n’ai plus assez de forces pour continuer à me battre chaque jour.
Je voudrais une trêve.
05 janvier 2009

Ce matin, personne n’a vu mes larmes se dissoudre sous les flocons blancs. Ce qui blesse manquait de me faire trébucher à chaque pas en remontant la rue St Jacques, et malgré les mots de T. et les bras de C. je me suis sentie mourir en passant la porte du lycée. Cela fait longtemps que je ne regrette plus d’être partie, que je sais que j’ai fait, cette fois, le bon choix. C’est juste que j’ai abandonné là-bas, sous le soleil de juin qui nous illuminait, dans les bras de N. qui me serraient comme si c’était la dernière fois, un peu trop de moi. J’ai abandonné les rires de nos mercredis midis assises dans le jardin, le froid vacillant des jeudis matins cernés d’insomnies, les longues heures embrumées de la cafétéria, tous ces matin où elle me serrait dans ses bras et ôtait chaque peur, chaque doute qui faisait vaciller mon cœur, où son prénom se coulait dans mes veines si facilement, où alors je n’avais plus froid parce qu’elle était là. C’est juste qu’en revenant sur mes pas je me suis un peu tuée, tu vois.
Ce matin, personne n’a vu mes larmes lorsqu’en arrivant à Sèvre je me suis détournée des escaliers pour emprunter les couloirs du métro, lorsque j’ai remonté la rue en silence et franchi la porte, lorsque j’ai songé que malgré tout, ce n’est pas sur le lycée mais sur le jardin, que j’aurais voulu voir la neige tomber.
04 janvier 2009

Parfois je voudrais pleurer de rage face à ce vide, qui emplit chaque parcelle de ma peau, si bien qu'il ne reste même plus de place pour les mots.