Comme un printemps heureux.

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30 octobre 2008

A_Mar_e_Basse

J'ai dit, c'est l'hiver. Mes mains étaient froides au vent et mes yeux pleuraient de sel et d'embruns mélangés, j'ai dit c'est l'hiver à la mer qui se fracassait contre les rochers de la côte sauvage, assise sur la falaise. En sortant du train j'ai senti le vent âcre écorcher ma peau, à nouveau, j'ai senti le froid qui s'insinuait à nouveau sous chaque parcelle de ma peau, j'ai senti, et j'ai dit, c'est l'hiver. Comme une excuse. Un abandon. Une excuse surtout. Sur mes doigts, une odeur de café et de cigarettes, de matin clair et d'aube perdue. Dans mes paumes les rêves et l'attente. Les rêves sous le filigrane des larmes, les rêves et les pleurs comme trop longtemps retenus, gardés en soi qui soudain jaillissent et ne laissent de place à rien d'autre que les rêves - c'est l'hiver tu sais. L'hiver qui givre mes larmes et le bleu de mon regard, mes mains tremblent, énième café, énième cigarette, mes mains se referment sur les tiennes, surtout ne pas laisser s'échapper les rêves, viens. C'est l'hiver, le jardin est délaissé je préfère désormais la cafétéria, viens, garde mes main dans la tienne, sur mes rêves, tu sais. C'est l'hiver, je tremble, en ballerines ou en talons, je ne souris pas, jamais, pas cet aveu, pas ce mensonge, pas cet abandon. C'est l'hiver, mais soudainement ce n'est pas grave, je n'ai pas peur - j'ai dit, tu vois la mer, regarde, c'est l'hiver sur la mer, le sable est froid sous mes pieds, je ne souris pas mais je ris, je ris au éclats, c'est l'hiver, ne me laisse pas, regarde. Nous ne nous sommes jamais perdus. Nous ne nous sommes jamais trahis. Nous n'avons rien laissé derrière nous. Tout est pur, immaculé. C'est l'hiver. Et j'ai beau trembler, vraiment, je n'ai pas froid. 

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22 octobre 2008

Voyage au bout de la nuit.

Florida_s_Morning

Je me souviens de ces nuits où il s'endormait avant moi. Alors je restais là, recroquevillée dans le noir et souvent je pleurais des larmes silencieuses, des larmes face au temps qui s'enfuyait déjà, face à ces minutes que nous ne rattraperions plus. Je me souviens de ces nuits où j'attendais l'aube se lever, où je descendais en vacillant au café du coin acheter un croissant et un paquet de cigarettes. Mes talons claquaient dans le froid d'une nuit de décembre et malgré la fatigue et la faim je souriais. Je savais que plus rien ne pouvait m'arriver, que tout pouvait être absout, je n'avais pas dormi, j'avais refusé la course du temps. Désormais je ne sais plus retenir la nuit. Je travaille jusqu'à ce que je sente l'épuisement infiltrer mes veines, alors je mets le réveil qui sonne bien avant le début du jour et je dors avant de recommencer inlassablement les mêmes gestes, les mêmes pleurs. Cette vie d'ascèse me pèse et pourtant parfois la certitude vient s'ancrer dans mon coeur, avec une violence telle que c'en est presque de la rage, de la haine, une haine qui n'a ni début ni fin. Je sais que je suis prête à tout, à n'importe quoi, à tout sacrifier s'il le faut, tout ce qu'il reste de moi, je suis prête à y laisser le peu de raison et de rires que j'ai encore, mais j'y arriverai. Peu importe ce qu'il faut abandonner en chemin, j'y arriverai. Après tout j'ai déjà abandonné loin derrière ce qui comptait vraiment. Maintenant ce n'est plus grave. En sortant de ma khôlle de philo j'ai souri un instant. Un instant seulement. Il m'a dit c'était très bien mademoiselle, il m'a dit 16, et j'ai souri. Un instant. Un instant seulement. L'instant d'après je me suis souvenue de Madame. Et j'ai songé qu'il faudrait aller bien plus loin que jusqu'au bout, qu'il faudrait bien plus que simplement y arriver, pour ne serait-ce qu'espérer, un jour, vivre sans son ombre et sans son souvenir attaché au moindre de mes pas.

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17 octobre 2008

Et ces matins d'hiver.

Seconds

Et puis il y a des choses qui arrivent comme ça. Ce 11 en version latine. Etre classée dans les dix premiers en histoire. Avoir 16 en version anglaise. Qui font que malgré les larmes, on continue à avancer et on ira jusqu'au bout.

Posté par Ordalie à 17:52 - Commentaires [4] - Permalien [#]

15 octobre 2008

Winter_is_coming_by_numbpurplehaze

Parfois je regarde mon visage dans le miroir. En quelques semains mes traits se sont faits plus durs, mes joues se sont creusées, mes yeux se sont cernés. Les migraines deviennent presque quotidiennes, la fatigue une habitude lancinante. Je me raccroche à des riens. Ce café où l'on fume nos cigarettes, le sourire de T. et les bas de C. quand j'ai trop froid, les cours de philos qui m'emportent et ceux de latin qui font oublier les larmes - trop souvent. J'apprends chaque soir un poème par coeur. Et quand ça fait trop mal, lorsque les matinées sont trop floues je pense au bruit de mes talons vendredi soir sur le boulevard St Germain et son sourire, je pense à l'odeur d'une nuit de juin, samedi, et nos rires, et putain comme je les aime, toujours, comme notre amour est intact malgré tout. Alors oui, je souris. Et dans une semaine, les vacances. Enfin.

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04 octobre 2008

Fille_du_Matin

Parfois il ne reste que ça. Cet épuisement palpable. Cet épuisement qui m'ôte la force même d'écrire. Je garde mes forces pour autre chose. Pour continuer à vivre encore un peu.

Posté par Ordalie à 15:21 - Commentaires [3] - Permalien [#]



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