04 janvier 2010
L'absence.

Ne m’appelle pas. Ne prononce jamais mon prénom comme s’il signifiait quelque chose pour toi. Ne m’embrasse pas quand tu pars. Ne fais pas comme si tu allais revenir. Ne fais pas de nous autre chose que ce que nous sommes. Ne fais pas de moi autre chose que ce que je suis. Cassée, brisée, mille morceaux. Le cœur en miettes et le corps qui déraille. Ne fais pas comme si tu pouvais me tenir debout – je tiens très bien toute seule. Ne fais pas comme si tu pouvais m’aimer – je n’ai rien à te donner en retour. Ne m’appelle jamais. Ne prononce pas mon prénom au lever du soleil. Ne nous brûle pas à la lumière du jour. Je ne sais plus faire semblant. Je ne t’appelerai pas. Je ne prononcerai jamais ton prénom comme s’il signifiait quelque chose pour moi. Je ne t’embrasserai pas quand tu pars. Je ne ferai jamais comme si je veux que tu reviennes. Chaque fois sera la dernière. Et ça ne fera pas mal.
Je n’ai plus une parcelle de peau intacte où laisser ta cicatrice.
21 novembre 2009
Souvent, je rêve que tu reviennes. Et au réveil, ce sont toujours ces mots qui m'étreignent. Il reviendra pas tu sais bien. Non je sais pas.
02 novembre 2009
Tu sais - tu ne sais rien. Tu n'as jamais rien su. De la douleur qui a pu me vriller les veines jusqu'à la folie. De la folie qui s'est insinuée partout en moi, qui ne m'a laissé aucun répit, aucune larme. Des larmes qui m'ont brûlée jusqu'au souffle, jusqu'à la moindre parcelle de vie. De cette vie que j'ai abandonnée il y a longtemps déjà. Non tu n'as jamais rien su. Tu n'as jamais su la laideur en moi, tu n'as jamais vu la noirceur, la vraie. Pas celle que je t'ai offert en appât, celle qui vibre doucement, à chaque instant, celle qui imprègne encore à mes cheveux l'odeur du vomi que les années n'ont pas suffi a effacé, celle qui hante mes bras, qui s'accroche à mes pas. J'ai trop sacrifié tu vois, je me suis tuée trop de fois, à mains nues, j'ai trop senti la vie en moi s'affaisser pour être autre chose qu'une simple poupée échouée. Tu ne sais rien. De mes crimes et de mes insomnies. Des tueries au petit matin qui reviennent sans cesse, sans cesse dans mes cauchemars. Des cris. Comment aurais-tu pu, toi qui était si intact, si léger ? Tu ne sais rien de ce à quoi il a fallu renoncer pour trouver le courage d'avancer. Du prix que j'ai accepté de payer. Des crachats et des injures. Tu ne sais pas. Que je suis invincible. Intouchable. Imprenable. Je n'ai plus de coeur tu vois. On ne brise pas ce qui est déjà cassé. On ne tue pas ce qui ne vit plus depuis des années. Tu ne sais pas. Que je ne t'ai jamais aimé.
21 octobre 2009
De cette vie passée je ne sais rien que ce que les souvenirs m'ont empêché d'oublier.
15 octobre 2009
Demain.
J'aurais voulu, pourtant, te sourire et te prendre dans mes bras, te dire ce n'est pas grave ne t'en fais pas. J'aurais voulu avoir assez d'amour restant pour ça. J'aurais voulu l'espace de quelques secondes errer à nouveau dans ces rues incertaines, sans autre bruit que celui de mes talons sur l'asphalte et ma main dans la tienne, j'aurais voulu comme une prière retrouver la chaleur frissonante de ces nuits de mai, les détours embrumés du Panthéon quand l'aube se levait sur nos rires et nos chansons. J'aurais voulu que tu ne salisses pas nos souvenirs de ta médiocrité et de ta lâcheté. Je suis tombée un instant sans même m'en apercevoir. Je suis tombée entre ces mots trop de fois écrits, trop de fois pleurés. On ne tombe pas amoureux des filles comme moi. Parce qu'on se lasse des princesses en détresse. Je le savais bien sûr, bien sûr ça n'a rien empêché. Ni l'espoir, ni les nuits folles, ni tes bras qui me serraient si fort. Ca n'a pas empêché ma chute et la douleur. Et la douleur. Je suis tombée un instant, sans même m'en apercevoir. Hier déjà je me suis relevée, demain déjà je serai dans d'autres bras, je m'abandonnerai à d'autres baisers et je ne pleurerai pas. Demain je rirai haut et clair sous mes ciels enfouis, sous ma folie, demain je serai belle et ivre de vie, de cette vie où il n'y aura plus jamais toi. Je ne sais pas attendre tu vois. Je ne sais pas croire aux retours. Je ne crois qu'aux départs et j'ai calciné chacun de tes pas dans ces cendres loitaines de nos envies. De notre amour. Demain je me pencherai sur ses yeux trop noirs, et je boirai à la source cette vie qui n'est plus la mienne. Demain je t'oublierai - j'ai déjà commencé. Il ne me reste plus qu'un soir pour te pleurer.
02 octobre 2009
Alors j'ai recommencé à lire, Olivier Adam.
29 septembre 2009
Vergers.

J'avais dit le temps qui passe, mais c'était faux. Le temps ne passe pas. Quoi que je fasse, ou que j'aille je suis ramenée en arrière et c'est comme si rien n'avait jamais existé. Toutes les blessures reviennent un jour faire surface sur ma peau, toutes les blessures creusent mon visage et je fais comme si je ne voyais rien, ne savais rien mais je sais. Le temps qui passe n'efface rien. J'aurais voulu pourtant que tu saches combler les blessures, j'aurais voulu que tu saches m'aimer, j'aurais voulu au conditionnel. Je ne parle plus qu'à l'imparfait. J'ai cessé de croire que quelqu'un un jour saurait me tirer de cette noyade sans fond, j'ai cessé de croire aux rires, aux promesses de bonheur, aux après-midi d'été chatoyants. J'ai cessé de croire que tu saurais m'aimer. Il ne reste plus en moi qu'un paysage, une sensation de vide, une erreur. Une balançoire qui grince doucement sous les poids des années et toujours cette même fillette pour venir l'habiter. Personne jamais ne la pousse ni ne se tient en bas pour la rattraper. Je ne veux plus de toi. Je ne veux plus de tes mensonges ni de la douceur de ta voix. Je me suis glissée à nouveau dans les draps de ma solitude et j'ai embrassé ma folie à pleine bouche. C'est la seule qui ne m'ait jamais abandonné, tu vois. Et si parfois je repense à toi, et tes rêves perdus d'enfant sage, crois bien que je ne pleure pas. Je ne connais ni la raison, ni le vent, ni le temps qui passe, je ne connais que le creux, les vides et les saignements. Je ne connais de la vie que celle que j'ai façonnée, je ne connais de moi qu'Eliane, et je n'aime d'elle que sa noirceur. Tu peux toujours courir, tu peux même tenter de la saisir, elle te brisera. Et ce jour là, crois-moi je ne pleurerai pas.
03 août 2009

J'erre dans un appartement trop grand pour ma solitude.
19 juin 2009

Je songe que ça fait longtemps que je suis ici. Je songe que ça fait longtemps que je n'étais pas restée quelque part tant de temps. Je ne saurais dire ce qui a changé. Si ce n'est que quelque chose a changé. Dehors, l'été peine à arriver, dehors. Je reste à l'intérieur, en terre connue. Presque trop. J'attends quelque chose de différent, quelque chose qui me sortirait de ma torpeur. De cette recherche perpétuelle du passé. Je crois que je n'aime pas que les choses changent. Je voudrais que tout reste toujours intact, lisse et neuf. Je mange à nouveau des figues, pour me raccrocher au passé, aux habitudes. Je ne suis pas sûre d'avoir vécu cette année. Comme si le temps s'était glissé contre ma peau, goutte à goutte, comme on glisse sur du verre. Je crois pourtant me souvenir de soirs douloureux, de la fatigue. Mais tout s'efface déjà. J'attends l'été, le vrai. Celui des champs de blés, de la terre battue. Je veux retourner encore su le chemin de mon enfance, je veux voir les couleurs ombragées des montagnes, je veux sentir ma peau se dessécher sous le ciel aride. Il y aura du soleil - loin d'une chambre espagnole, loin d'une ville de rêve, des rues inconnues à découvrir, des noms encore exotiques, avant que tout s'en aille, qu'ils s'en aillent. Quelque chose a changé. Va changer encore. Les figues ne sont pas assez sucrées, elles manquent de goût amer. Ce qui brise. On est en été. Cette année mes cheveux sont longs, et je porte une marinière.
13 juin 2009
We will write an other story.

C'est fini. Pour quelques semaines, quelques mois à peine. C'est fini mais rien n'est fini. Ça commence à peine. Ca commence avec les bibliographies qui s'entassent sur mon bureau, le programme des choses à faire et entre temps, tant de choses à faire, si peu de temps. Après il y aura un peu moins d'innocence, un peu moins d'insouciance, ce sera pour de vrai, on sera grand, il ne faudra plus rire, ne plus sécher les cous d'anglais pour aller faire nos versions latines au Luxembourg. Après. J'ai serré L. dans mes bras lorsque j'ai su qu'on resterait ensemble, que l'on ne nous séparerait pas, j'ai ri un peu, la gorge serrée par trop de choses. C'est fini, il reste une semaine d'adieux et de retrouvailles, de départ et je ferai semblant de ne pas être triste mais après. Après il faudra comprendre que c'est fini, qu'il y en a que l'on ne reverra plus, que l'on a survécu. Et qu'il faudra tout recommencer, encore.